Y a du monde au balcon : le design !

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Y a du monde au balcon : le design !

Et si je transformais mon balcon en potager volant ?

Une idée farfelue ? Peut-être pas tant que ça. Après quelques lectures et un rapide coup d’œil à mon balcon exposé sud, je me suis dit qu’il était de mon devoir de permacultrice d’exploiter ses quelques (mais néanmoins) précieux m2. Avant de commencer à semer ou planter quoique ce soit, j’ai imaginé mon design.

Le choix des bacs et leur nombre

Afin que mon balcon reste accessible pour profiter de la vue et du soleil, j’ai décidé de consacrer uniquement les deux extrémités de mon balcon au jardinage. D’un côté un bac rectangulaire (100L x 90l x 60h cm) en cours de fabrication chez un ami charpentier (merci Arnaud !), avec des chutes de bois (vive le recyclage !). De l’autre, cinq pots ronds (30 cm de diamètre x 30 de profondeur). Entre elles, trois jardinières (70L x 20l x 12h). Emmaüs regorge de ressources en pots de tailles diverses et variées, il faut juste s’y prendre à l’avance ou avoir un peu de chance !

Design et associations de plantes

Les techniques permacoles de jardinage préconisent l’utilisation d’association entre plantes. Whaaat ? Rien de très sorcier en fait. Après une observation sur plusieurs décennies, de nombreux agronomes et maraîchers ont remarqué que certaines plantes poussaient mieux au voisinage d’autres plantes spécifiques. Par exemple, elles peuvent se protéger les unes des autres en éloignant leurs ravageurs mutuels. Autre avantage: elles pompent des nutriments différents dans le sol et ne se font donc pas concurrence en terme de ressources. Croyance, mythe ou vérité scientifique, j’ai décidé de tester cela directement sur mon balcon. L’avantage certain de cette technique : elle favorise la diversité des plantes 😀

Pratiquement, ça donne quoi ? Comme disait Napoléon, un bon dessin vaut mieux qu’un long discours.

Dans ces bacs, j’ai essayé d’imaginer l’espace à disposition pour mes futurs légumes. Seule l’expérience me dira si j’ai été trop gourmandes et s’il est nécessaire de réduire le nombre d’espèces choisies.

Comment ces plantes se protègent-elles ?

Carottes et poireaux : Si vous avez déjà essayé de faire pousser des carottes, vous aurez sûrement constaté qu’elles peuvent être attaquées par la mouche de la carotte. Et bien il semble que les poireaux la protège de cette féroce attaquante.

Aubergines et tagettes : l’aubergine est un magnifique légume qui demande beaucoup de chaleur et d’eau en même temps. Elle n’aime pas être plantée dans une terre qui abritait avant elle des pommes de terre, des tomates ou des poivrons. Pour la protéger, la tagète se montrera parfaite contre les parasites.

Concombres et tournesols : afin de préparer le terrain, quelques laitues plantées au préalable abriteront le concombre du soleil au début de sa croissance. Apparemment, le tournesol et le concombre s’entendent bien, alors pourquoi s’en priver ? Le tournesol attire également des insectes, qui participeront à l’équilibre de ce petit jardin volant.

Poivrons – basilic – roquette : pas de bénéfice particulier trouvé dans la littérature. Par contre dans l’assiette, facile d’imaginer de jolis petits plats estivaux ! Un essai donc, que j’espère fructueux.

Fraises et poireaux d’hiver : à nouveau, super poireau protège les fraisiers, cette fois-ci des maladies cryptogamiques (maladies causées par des champignons microscopiques qui se répandent par dissémination des spores).

Fraises et ail : l’ail qui fait partie de la même famille que les poireaux – la famille des alliacées – protège aussi très bien les fraises. En associant les fraises différemment, peut-être que je pourrai observer si l’un de ces alliacées est meilleur protecteur de la fraise.

Oignons : ils se placent presque partout sauf à côté des choux, des pois et des haricots. La règle plus générale : la famille des alliacées (ail, ciboulette, oignon, poireau) et des fabacées (légumineuses) ont peu d’affinité.

Radis : ils sont pratiques, car ils poussent très vite et peuvent donc être associés avec des plantes à croissance plus lente.

 

Pour le prochain article de la série « Y a du monde au balcon », préparez vos graines et vos designs, parce que ça va semer secos !

POUR ALLER PLUS LOIN

Livre: « Les meilleures associations au potager », Les essentiels du jardinier, collection Artémis. Environ 20 CHF.

À propos de la rédactrice /

vic@enbasdecheztoi.ch

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